Un sujet tabou entre amis

novembre 29, 2021 2 Par Domi MONTESINOS

Un sujet tabou entre amis, les fesses

Quel bonheur que de se réunir autour d’un bocal de punch planteur, en compagnie de bons amis , navigateurs ou non.

Après des mois ou des années de voyages en bateaux, sans se voir, les retrouvailles, dans quelque mouillage idyllique, procurent des moments de complicité et de convivialité particulièrement délicieux.

Des choses à se raconter

On en a des choses à se raconter ! Les sujets de conversation et autres récits de voyages ne manquent pas et ça papote bon train. Entre les anecdotes de navigation et les nouvelles de nos connaissances communes, les discussions se prolongent volontiers.

Pourtant, certains thèmes sont soigneusement évités, allez savoir pourquoi…

Par exemple, ce qui se passe dans nos caleçons et dans nos culottes n’occupe qu’exceptionnellement le devant de la scène. Les histoires de fesses entre amis ne font pas la une des discussions apéritives, c’est un sujet tabou…

C’est vrai, rares sont les convives qui vont lancer un débat sur des questions genre « ça vous passionnerait que je vous montre ma fistule ? ». Ou encore « ah, j’allais oublier, faut que je vous raconte mes hémorroïdes », non plus que «puisqu’on est sur le sujet, vous ne devinerez jamais où est-ce que j’ai pêcho un zona… »

Bref, on évite les sujets tabous entre amis

Hélas, il peut arriver que celles-ci (les parties charnues de nous-mêmes) négligeant les convenances, s’imposent bien malgré nous, comme centre d’intérêt majeur. Comme qui dirait, la cible…

Elles deviennent alors, le focus de toutes les précisions plus ou moins appétissantes et prétextes à moult quolibets parfois dépourvus de finesse.

Focus, mais vrai douleur…

Les amateurs de tous poils s’en donnent à cœur joie de leurs jeux de mots approximatifs. Et les champions du calembour scabreux se déchainent autour de ce puits d’humour sans fond ni fondement, jusqu’à l’enlisement…

Les folles de la messe en contrepètent de joie et se laissent le choix dans la date pour cesser de railler les vaincus de leurs cœurs et revenir à leurs poules qui muent.

Attention, c’est contagieux…

Et alors, le pire, que je n’aurais jamais pu imaginer, même dans mes délires les plus débridés:
s’étendre sur les histoires de fesses entre amis est contagieux ! D’en parler, j’entends…
Scientifiquement prouvé !

Observez plutôt :

Telle amie, perdue de vue après des années d’errance peuplées de navigations lointaines et tropicales, vient à nous honorer de sa présence, pour notre plus grand bonheur commun.
Et voilà qu’elle se confie.
Ses sphincters lui font des misères, harcelés par une grappe hémorroïde en pleine force de l’âge… Mais, chut…

Ce sont des choses qui arrivent, je ne suis moi-même pas « blanc-blanc » en ce domaine…

Le mauvais œil

Hélas pour la dame, je ne sais pas si c’est d’en avoir parlé qui a attiré le mauvais œil, mais les affaires empirent rapidement pour elle. Et nos échanges verbaux autant qu’apéritifs tournent bientôt exclusivement autour de cet axe funeste.

Tant et si bien que me voilà, moi-même emmouscaillé par cette partie de ma vieille carcasse qui se situe entre les deux sphères d’assise !

Merci docteur

Ça bourgeonne, ça rougeoie et ça fait un mal de chien ! Jusqu’à nécessiter une visite chez le médecin. Qui, en la circonstance, s’avère être une jeune dame…

Je me retrouve bientôt nu comme un verre à pied devant cette aimable personne à qui j’offre le spectacle affligeant de mon entrejambe mal en point…

– « Vous avez un zona », dit-elle sans hésitation.

– « On ne peut pas faire grand-chose, ça s’arrêtera tout seul dans une dizaine de jours. Faut attendre et ça fera mal ».

– « Merci madame… ». La mauvaise nouvelle en contient une bonne : je ne vais pas en mourir prochainement…

On ne parle plus que de ça…

Ainsi, entre mes démangeaisons/pommadages perso et les affres de la cicatrisation post opératoire de notre amie hémorroïdale récemment opérée, nos affaires de fesses afférentes boycottent la majorité de nos partages oratoires. On ne parle quasiment plus que de ça!
Si ce n’est pas malheureux…

Et voilà donc ce que j’appelle des « échanges trouduculturels » !

Plaise au ciel que la situation de nos assises s’améliore rapidement et que nos futures discussions de fesses gagnent en amusement ce qu’elles auront perdues en intérêt médical.