Humour et erreur humaine

février 1, 2021 1 Par Domi MONTESINOS

Erreur humaine

« Errare humanum Est, Ouest, Nord et Sud », avançait un de nos amuseurs dont je tairais le nom tout simplement parce que je ne suis pas certain que ce soit Pierre Dac ou Francis Blanche, deux grands adeptes d’humour et erreur humaine.
Ce n’est pas faux.
Et l’affirmation est d’autant plus louable qu’elle n’est pas à vendre… et surtout, qu’aucun système de positionnement par satellite ne venait l’étayer lorsqu’il en fit état.
Pour une appréciation « à l’estime », c’est à la fois bien vu et parfaitement réversible, car l’inverse n’est pas faux non plus…

Humour à marée basse

Bien qu’il fussent plus éclectiques qu’ecclésiastiques, les cardinaux n’avaient, manifestement, aucun secret pour ces adeptes d’humour et d’erreur humaine…au fond.
Surtout à marée basse, en Bretagne Sud, ou Nord, ou Ouest, mais pas du côté du soleil levant… surtout que le phénomène est difficilement observable par temps bouché…
Rappelons, pour mémoire, que l’étale de basse mer est un moment privilégié pour se rapprocher du fond et des moules qui y prolifèrent paisiblement.
Sauf erreur humaine de ma part… laquelle serait éminemment pardonnable vu que la conchyliculture n’est pas vraiment ma tasse de thé.
Comme aurait dit Miss Maguy Tharr, la célèbre romancière musicienne cynophile : « J’aime me faire mon thé, et pis j’aime bien aussi me faire monter, mais pas en même temps ».

Mais, où m’égare-je encore ?…Humour ou erreur humaine?

Obsession de l’erreur humaine

Il m’a semblé remarquer récemment (où était-ce un peu avant ?) que certains de nos concitoyens, pas spécialement les plus poilants au demeurant, développaient une aversion plus ou moins profonde pour «l’erreur humaine ».
Entre nous : quelle bévue !
Même si « Errare humanum » n’est pas Ouest, ou Sud-Ouest, ni surtout plein Sud, commettre une erreur, une boulette, une belle « connerie », avoir « merdé grave », c’est humain.
Le propre même de l’humain.
Pire : certains individus, particulièrement prédisposés, ont élevé le fourvoiement au rang d’art majeur tant ils s’appliquent à en produire « en rafale » et à en rejeter les limites parfois au-delà du concevable.

Vous avez dit « Errare »?

Bref, « Errare » n’est pas « animalum », ni vegetalum », ni surtout « mineralum ».
Il est « humanum » et pis c’est tout !
Simplement « humanum » et rien d’autre.

Partant de cet axiome, il me semble inopportun de considérer systématiquement la moindre erreur comme un délit.

N’assimilons pas une mauvaise décision à un acte hautement répréhensible.
Faut pas exagérer…

Par contre, ne pas prendre de décision du tout, par peur de se tromper, alors que c’eût été nécessaire de le faire, ça, c’est grave.
Surtout de la part de personnes dont la charge est précisément de décider.

Le choix du décideur: humour ou erreur humaine?

L’observation des bassesses auxquelles s’adonnent parfois certains « décideurs » frileux, incapables de s’exposer en prenant une décision courageuse, me donne la nausée.
Ces amateurs du « zéro défaut » montrent trop souvent une solide aversion pour la position de « faillible »* (voir NB).
Ils cumulent les deux félonies de prendre des décisions qui n’en sont pas et d’avoir désigné, par avance, les coupables des conséquences fâcheuses qui ne manqueront pas d’advenir.
Car, si l’erreur est simplement humaine, les conséquences de certaines d’entre elles sont trop souvent inhumaines.

Les grands problèmes

« Ah, oui, mais, alors là, si on veut se mêler de sanctionner sévèrement les auteurs de fautes majeures aux conséquences dramatiques, il risque fort de ne pas nous rester suffisamment de politiciens pour gouverner le pays… »
Et, du coup, qui prendrait en charge les « grands problèmes », comme le Brexit, la multiplication des confinements, le cours du bitcoin ou l’avenir de Michel Drucker ?

À la lumière aveuglante de ces quelques exemples significatifs, nous voyons bien qu’il s’agit de rester raisonnable, avant tout.
Alors, « en avant toute »!

Hardi les gars, les filles…

Amis décideurs, permettez-moi de vous offrir ce petit conseil : ne soyez pas « crispé de l’erreur ». Ce n’est pas ce qui vous mettra à l’abri.
Quant à la crainte d’être sévèrement jugés par leurs pairs, les actifs sont assurés d’être systématiquement vilipendés par une horde de gens bien à l’abri de l’erreur, vautrés qu’ils sont dans leur inertie et leurs certitudes inamovibles.

Haut les cœurs 

Alors, vous qui avez du courage, des idées et de l’énergie, avancez comme vous le sentez.
Vos éventuels errements seront toujours préférables à l’inaction de ceux qui vous jugent sans « se mouiller ».

NB : la position de « faillible » est au politicien ce que la brouette de Zanzibar est au Kama sutra