Covid, peut-être une chance pour l’humanité…

mars 23, 2020 6 Par dmontesinos

Les tares majeures qui affectent l’ensemble de l’humanité et notre bonne vieille terre sont, pour la plupart, clairement visibles et connues de tous.
Famines, guerres, pollutions affectent férocement le quotidien de nombreux humains et l’avenir de notre planète.
Pourtant, et en dépit du caractère insupportable de certaines d’entre elles, la proportion des personnes qui les regardent en face, les observent, les analysent et cherchent à comprendre est plutôt modeste…

Le rythme effréné de la vie actuelle

où l’argent est roi et le temps vaut de l’or, ne laisse pas un instant disponible pour s’intéresser à autre chose que l’immédiat.
De même, le niveau de sollicitations diverses et le véritable bombardement d’informations dont chacun fait l’objet laissent peu de place à la réflexion et encore moins à la méditation.

Alors, la situation de confinement, quasi mondiale, dans laquelle une majorité des habitants de la planète se trouve momentanément plongée pourrait, si elle dure suffisamment, conduire beaucoup de gens à prendre conscience de certaines aberrations et incohérences nous affectant au quotidien.
Et alors, on pourrait se dire: « Covid, peut-être une chance pour l’humanité… »

Le confinement en question

« Il y a les vivants, les morts et ceux qui vont en mer », énonçait le philosophe.
Les gens de mer. Voilà bien une corporation habituée à pratiquer le confinement… En fait, pour un humain, s’aviser de s’aventurer sur les flots est sévèrement contre nature, à la base.
Pourtant, tout le monde est concerné par le quotidien de ces personnes.
Je parle des gens qui passent leur vie sur les océans, à transporter des automobiles, des téléphones ou des jouets de Noël.
À moins qu’ils n’affrontent cette promiscuité et cet inconfort à dessein de capturer les poissons qui constituent une part importante de la nourriture destinée aux humains.

Citoyens du monde

Comme me le faisait remarquer mon ami Emmanuel, marin de commerce originaire d’Haïti, pays où plusieurs milliers d’enfants meurent de malnutrition chaque année: « J’ai du mal à comprendre un européen qui se plaint d’être confiné dans son appartement… Alors que son frigo est bien rempli et ses gamins en bonne santé »… Que répondre ?
Mustafa, soudanais vivant au Burkina Faso, cueille le coton, à l’instar de son copain Souleymane.
Alors, chacun d’eux, toute la journée aux champs, connaît la solitude, le travail pénible et les revenus faméliques… Leur bien le plus précieux est l’eau. Elle a, à leurs yeux, une valeur inestimable.
Ce qui les rend perplexes, c’est d’entendre se plaindre des gens qui en disposent à profusion en ouvrant simplement un robinet…
Alors, Covid, peut-être une chance pour l’humanité…

Heureux!

« Démerdez-vous pour être heureux », professait le bon père Jaouen, dans sa grande sagesse.
Hélas, il semble que peu de gens aient la capacité à identifier ce qui les rend réellement heureux.
La course au fric, ce poison incomparablement plus dangereux que n’importe quel virus, a remplacé la culture du « savoir bien vivre ». Toujours plus, toujours plus vite.
Souhaitons que la crise actuelle occasionne un magistral coup de frein à toute cette agitation frénétique.

Qu’en sortira-t-il alors ?

Personne ne peut le prédire. Cependant, il me plait d’imaginer qu’à l’issue de ce qui est manifestement une épreuve pour beaucoup de gens, quelques points positifs puissent émerger de tout ça. Rien ne sert d’être trop triste.
Par exemple, que l’on réapprenne le goût du désir et l’envie, qui pourraient remplacer avantageusement cette impatience maladive de satisfactions immédiates qui caractérise certains de nos contemporains.

Et la pollution?

Que l’on admette, enfin, que la pollution est réellement l’affaire de chacun et de tous.
Ou encore que l’on observe combien chacun de nos gestes quotidiens influe sans conteste sur l’état général de la planète, ce qui est déjà visible après seulement une semaine.
Pourquoi ne pas parcourir plusieurs centaines de mètres à pieds, ou quelques kilomètres à vélo, pour aller quérir son pain ou se rendre au cinéma. Ce serait incomparablement plus générateur de bien-être que de s’engouffrer dans son gros s.u.v. pour « gagner » quelques minutes, clim à fond et klaxon aux abois.

Espoir

Alors, dans ma grande naïveté, je fonde quelques espoirs sur une prise de conscience générale. Elle pourrait, pourquoi pas, aboutir à une redécouverte significative de certaines activités et attitudes tombées en désuétude.

Peut-être que cette obligation de confinement saura cultiver l’art du savoir vivre en communauté.
Ainsi, la politesse pourrait reprendre une place de choix dans le quotidien de tout un chacun…
Il se pourrait, peut-être, qu’à la faveur de cet épisode totalement extraordinaire, on redécouvre la satisfaction liée à l’entraide et à la solidarité, collant ainsi un magistral coup de boule à ce détestable égoïsme qui s’est répandu récemment comme un vulgaire virus.
Et alors, Covid, peut-être une chance pour l’humanité…

En conclusion

Puisse cette modeste prose aider certaines lectrices et certains lecteurs, que le stress et la peur affectent, à conserver le moral et à se gorger d’optimisme.

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Le dicton du jour

Mieux vaut un cœur plein d’espoir que l’écho covid…