Coronavirus, politesse et bienséance

mars 16, 2020 3 Par dmontesinos

Ce matin, comme la plupart des autres matins, tout de suite après le petit déjeuner, je m’isole. Alors, dans ce réduit si populaire, les sphincters s’expriment cependant que la bouche se tait.
Ce qui est d’ailleurs très paradoxal, car, en principe, si l’on veut pouvoir procéder à un transfert de matière au prix d’un minimum d’effort, il suffit de faire appel à ce bon vieux Newton (le mec de la pomme qui tombe…).
Et, donc de créer un banal évent en maintenant la bouche ouverte. N’importe quel plombier averti vous le confirmera.

Bref, cependant que la porcelaine accueille son obole du jour, mon esprit part vagabonder sur le thème, un peu trop populaire, du « connard de virus ».
Dans ce contexte, j’invente… et puis, je partage.
D’où: « Coronavirus, politesse et bienséance ».

Que faire?

  • Mon premier conseil s’adresse à mes amis motards. Ainsi, si vous êtes un tant soit peu enrhumé, surtout, ne vous rendez pas aux invitations apéritives en bécane. Vous seriez immédiatement soupçonnés d’être porteur d’un vit russe. À cause des moustiques collés aux manches du blouson, là où on doit raisonnablement éternuer…
  • Deuxième cas de figure à considérer avec attention : vous êtes invités à l’anniversaire d’un ami et vous savez qu’au moins 99 autres personnes le sont également.
    Attention. Ne vous pointez pas en jeans/tee-shirt, vous seriez immédiatement catalogué « mauvais citoyen ».
    La ruse : portez une blouse blanche. Tout le monde vous prendra pour un ressortissant de quelque corps médical d’élite, chargé de sauver l’humanité au péril de sa propre existence et vous serez alors adulé comme un héros des temps modernes.
  • Enfin arrivés chez les amis, nouveau problème avec les questions de Coronavirus, politesse et bienséance. On ne sait pas qui s’est lavé ou pas… poignée de mains, bise, tout est interdit. Que faire ?
    La ruse : pour remplacer la traditionnelle botte de phalanges, rendez-vous directement à la salle de bains en compagnie de la personne à saluer et, avec un peu de savon, chacun lave les mains de l’autre au lavabo : salutation conviviale et hygiène corporelle enfin réunies !

Et pour la bise?

  • Pas de souci : garnissons nos joues d’une fine pellicule de savon liquide afin de concilier habilement nettoyage et affection dans le respect des traditions agréables.
  • Il est ainsi possible de continuer à fréquenter nos amis sans avoir l’air de leur faire la gueule en leur envoyant de faux bisous fictifs à dix mètres de distance. Ce qui constitue, à mes yeux, le summum de l’hypocrisie.
  • Le petit cadeau aux hôtes.
  • A présent, terminé la bonne bouteille ou le somptueux fraisier, oubliés la terrine ou la quiche « maison ». Le cadeau du moment c’est deux rouleaux de PQ et un kilo de nouilles.
  • Quant aux solutions hydroalcooliques, il y a longtemps que j’ai résolu le problème, avec, je le confesse, une certaine élégance : j’achète du rhum de Marie-Galante à 59 degrés auquel j’adjoins 5 % d’eau parce que 59°, c’est tout de même un peu incendiaire au ti’punch, il faut le reconnaître.
    Mais, en ces moments de Coronavirus, politesse et bienséance sont de mise plus que jamais.

En conclusion,

Et, sans insister, je rappelle que le coronavirus rend stérile. La preuve, en ce moment, toutes les bourses dégringolent lamentablement…